19.05.2007
Filles du roi et non de joie !
Pauvres filles du roi ! Elles n’ont pas été épargnées par l’histoire et ont été traitées de prostituées ou autres dévergondées à travers les siècles. Pourtant que serait le Québec sans ces femmes qui l’ont enfanté ? Une petite mise au point s’impose
De Filles du roi à filles de joie, il n’y a peut être que quelques pas que la plupart de ces jeunes femmes n’ont jamais franchi. Certes, certaines devaient avoir des mœurs plus légères, mais doit-on les mettre toutes dans le même panier ? Depuis le XVIIe siècle, les idées sexistes ont pris le pas sur la réalité des faits. En effet, comment ne pas qualifier de fille aux mœurs légères une femme, qui soustraite de l’autorité parentale, ose se marier sans l’entremise de sa famille et cela dans une contrée lointaine. L’histoire est, cependant, un peu plus compliquée.
L’échec des mariages mixtes
Avant de parler des Filles du roi, faisons, tout d’abord, un bref rappel de la situation démographique de La Nouvelle France au XVIIe siècle. Un constat s’impose : les hommes s’y sentaient bien seuls ! Et pour cause, ils étaient six fois plus nombreux que les femmes célibataires dans la province. Une situation qui n’arrangeait pas les affaires du gouvernement, qui décida de favoriser la procréation pour équilibrer le rapport des sexes.
Dans un premier temps, on se dit que des mariages mixtes avec des femmes autochtones seraient une bonne chose. Des villages amérindiens sont ainsi créés par les Jésuites à proximité des postes français et une dot de 150 livres est même offerte à chaque Amérindienne qui épouse un blanc. Cependant, les limites de cette politique sont rapidement atteintes et l’idée est abandonnée en 1660 : les autochtones s’habituent mal à la vie sédentaire et sont quelque peu réfractaires à la civilisation française.
770 femmes en terre inconnue
Pourtant, La Nouvelle France a besoin de femmes et d’enfants pour survivre. Les hommes, aussi travailleurs qu’ils soient, ne suffisent pas. La plupart de ceux-ci, arrivés au XVIIe siècle, sont des engagés. Ils ont signé un contrat d’ouvriers pour trois ans, en échange de nourriture, d’un logement, d’un petit salaire et même du paiement des frais de retour vers le France. Toutefois, une fois le contrat achevé, près de la moitié a choisi de rester, en fondant des fermes ou en allant vers l’Ouest à la recherche de fourrures. La présence d’une femme auprès d’eux se fait alors cruellement sentir.
Un programme royal d’immigration subventionné est mis sur pied à partir de 1663, jusqu’à 1673. Ainsi, près de 770 jeunes filles, pour la plupart âgées de moins de 25 ans et une dot royale en poche, ont accosté à Québec, avec pour seule perspective de trouver un époux et de fonder une famille. En majorité orphelines, elles avaient été élevées par des religieuses et certaines avaient connu l’enfer de l’hôpital général de La Salpêtrière, à Paris. Un lieu inhumain, avec des conditions d’hygiène déplorables, « La honte et le supplice du pauvre », écrivait Saint-Simon.
Marchandises ou clientes ?
Faisant preuve de courage, et il en fallait, elles s’en sont allées vers une terre qui leur était inconnue, trouvant en quelques semaines un mari pour construire leur nouvelle vie. Une vie de labeur à la ferme, à élever les enfants, mais aussi faite de piété dans une province où la ferveur religieuse était grande. Certains contemporains les considéraient comme de la « marchandise », du bétail que les hommes sélectionnaient à la sortie du bateau. Mais, à bien y réfléchir, n’étaient-elles pas en position de force ? Elles, les femmes tant convoitées par ses messieurs esseulés ?
Bibliographie :
« Lexique du siècle de Louis XIV, 1643-1715 », Lexiques Essentiels, 1999.
« La Nouvelle France, 1524-1760 », de Robert Lahaise et Noël Vallerand, Lanctôt Editeur, 1999.
« Brève histoire des peuples de La Nouvelle-France », d’Allan Greer, Boréal, 1999.
20:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Filles du roi, Louis XIV, La Salpêtrière, La Nouvelle France
10.02.2007
Petit quiz sur la conquête du Québec
Bon, c'est le week-end. Tout le monde à besoin de se détendre. Pour décompresser, je vous propose un petit quiz. Les question sont tirées du jeu Burger Quiz (un jeu super drôle, je vous le conseille). Normalement, elles sont censées être super difficiles pour que personne ne puisse y répondre. Donc, pour savoir si vous êtes un québécophile ou un québécois averti (ça marche aussi pour les québécoises et les québécophiles féminines), prenez 30 secondes, cinq minutes ou plus, pour tenter de répondre au questionnaire. Certaines réponses se trouvent dans les billets du blog. Pour les autres questions, il va falloir réfléchir un peu.
Pour ma part, j'ai fait 4 bonnes réponses sur 5. J'ai raté le sans faute pour plusieurs raisons :1. il était 2 h du matin; 2. j'ai répondu trop vite à l'une des question les plus simples et cela dû à la fatigue, car était 2 h du matin; 3. ben, en fait, j'ai pas de troisième explication.
Je donnerai les réponses dans quelques jours. A vous de jouer et bon quiz !
Ah oui, il faut cliquer sur la carte pour pouvoir lire les questions. Mais, bon, je pense que vous avez déjà compris le principe)
12:20 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Burger Quiz, Québécophile
11.01.2007
L’origine des noms (acte III) : Québec et compagnie
Voici la suite de ma petite série sur les origines des noms de la Belle province. Aujourd’hui, parlons des origines de Québec (et non, je ne l’avais pas oublié), Chicoutimi, Gaspé et Rimouski.
Québec
Nom dérivé du mot algonquin « kebek », il signifie un « passage étroit », désignant ainsi le rétrécissement du Saint-Laurent au Cap Diamant. En 1632, Samuel de Champlain décrivait ainsi l’endroit dans ses notes : « (…) un détroit dans le fleuve, comme le disent les indiens (…) ». Il semble cependant que le terme soit commun aux Algonquins, Cris et Mi’kmaqs et ait l même signification dans les trois dialectes. De plus, le terme a connu plusieurs orthographes au fil du temps : Quebeck, Kébec, Québeq, Kebbek… A l’origine, les amérindiens utilisait ce nom pour qualifier la région qui entourait la ville moderne fortifiée.
Juste pour information, la ville de Québec ou du moins le village qui se trouvait au même endroit s’appelait à l’origine Stadaconé.
Chicoutimi
Le nom serait d’origine montagnaise et viendrait du mot « shkoutimeou », qui peut être traduit par « la fin des eaux profondes ». En effet, Chicoutimi se trouve dans le fond du fjord du Saguenay.
Gaspé
Gaspé serait un nom dérivé du mot mi’kmaq signifiant « fin de la terre ». En effet, la ville, et capitale de la Gaspésie, est à l’extrême pointe de la péninsule et à la limite du territoire des Mi’kmaqs. Cependant, l’origine reste incertaine.
Rimouski
Le terme à l’origine du nom de la ville du Bas-Saint-Laurent, serait issu des langues mik’maq ou malécite, qui pourrait être traduit ainsi : la « terre des orignaux » ou « retraite des chiens). Ces origines pourraient s’expliquer par la présente d’un excellent territoire de chasse sur ces terres.
14:50 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Québec, Rimouski, Gaspé, Chicoutimi
14.12.2006
L’origine des noms (acte II) : Montréal et Lachine
Comme promis, encore quelques petites explications sur l’origine des noms. Aujourd’hui, je m’occupe des cas de Montréal et de Lachine.
Montréal
L’île de Montréal était, à l’origine, peuplée par des amérindiens de la nation des Iroquois : les Mohawks. Lorsque Jacques Cartier débarque sur l’île, il découvre un village regroupant environ 1.500 autochtones, entouré de palissades de bois. On ignore aujourd’hui l’emplacement exact de ce village, même s’il semble qu’il ait été édifié au pied de la montagne. De même, des questions restent en suspens quant au nom de la bourgade amérindienne : Hochelaga ou Tutonaguy ? Un autre mystère subsiste : il concerne l’étonnante disparition du village. Une réponse est avancée (mais à prendre avec précaution) : la disparition d’Hochelaga serait due à la maladie ! Et oui, les Européens ont apporté avec eux leurs civilisations, mais aussi leurs maladies (un cadeau plein de gentillesse). La variole serait peut être, je dis bien peut être, la cause de cette désertion amérindienne ?
Mais revenons sur l’origine du nom « Montréal ». Ce nom, on le doit au navigateur malouin, qui, en explorateur qu’il était, décida de gravir la montagne se trouvant au centre de l’île. Il l’a baptisa « Mont Royal » (Mons Realis). Le terme « royal » se dit aussi « réal » au XVIe, d’où la contraction « Mont Réal », puis comme aujourd’hui « Montréal ». C’est simple comme bonjour !
Lachine
Située en bordure du Saint-Laurent, Lachine fait aujourd’hui partie de la communauté urbaine de Montréal. En 1667, le territoire avait concédé par les Sulpiciens à l’explorateur René Robert Cavalier de La Salle. Celui-ci n’avait qu’une idée en tête : rallier la Chine, en trouvant une route traversant l’Amérique du Nord. Le pauvre ! Il n’a découvert finalement que l’embouchure du Mississippi et la Louisiane. Et jusqu’à preuve du contraire, on n’y mange pas de riz cantonnais ! C’est par dérision, que les Montréalais ont donc désigné le lieu de départ de l’explorateur : « La Chine ».
PS : si quelqu’un à d’autres explications que celles avancées, il ne faut pas hésiter à laisser un commentaire. Merci !!!
15:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Montréal, Lachine, Cartier, Hochelaga
06.12.2006
L’origine des noms de villes de la province
A travers les noms de villes, ce sont les racines du Québec qui sont mises en avant. Des racines françaises, puisqu’on trouve des villes nommées Saint-Nazaire dans la région du Lac Saint-Jean, ou encore Clermont, dans le Charlevoix. Des origines religieuses également (l’Eglise catholique a eu une grande influence tout au long du développement de la province) : Sainte-Adèle, Saint-Gédéon, Sainte-Anne-de-La-Pérade… Mais aussi et surtout, des origines amérindiennes…
Canada
Le Québec faisant parti du Canada, je ne peux passer à côté d’une petite explication sur le nom de la confédération. Le nom actuel vient de « Kanata », qui signifie peuplement ou village dans la langue des Hurons ou des iroquois. L’histoire dit qu’en 1535, deux jeunes autochtones auraient indiqué à Jacques Cartier le chemin de « Kanata », en faisant allusion au village de Stadaconé (emplacement actuel de Québec, mais nous y reviendrons). Cartier baptisa alors du nom de « Canada » le village, ainsi que toutes les terres gouvernées par le chef amérindien de la bourgade. Puis le nom s’appliqua à tout le territoire au nord du fleuve Saint-Laurent, que Cartier avait surnommé la « rivière de Canada ». Voilà pour la petit histoire, maintenant à vous de découvrir la grande. Un petit lien pour vous aider :
http://www.pch.gc.ca/progs/cpsc-ccsp/sc-cs/o5_f.cfm
Tadoussac
Ah, Tadoussac ! Un village incontournable du Québec, qui jouit d’un cadre exceptionnel. Bordé par le Saint-Laurent, il est la porte d’entrée du Fjord du Saguenay. Un site unique en Amérique du Nord, dont la baie est classée parmi les plus belles du monde. C’est peut être pour ça que les baleines y ont pris leurs quartiers. Mais d’où vient ce nom ? Il vient en fait des Montagnais, une tribu amérindienne, et signifie « les seins », « les mamelles », à cause des collines, montagnes alentours. Juste pour la petite histoire, c’est Jacques Cartier, et oui encore, qui posa ces valises pour la première fois à Tadoussac, en 1535. Il fut suivi par Pierre de Chauvin (1599) et Samuel de Champlain (1603), qui ont tourné les premières pages de l’histoire européenne en Amérique du Nord. C’est dans ce lieu que fut érigé le premier poste officiel de traite des fourrures du Canada.
A bientôt pour de nouvelles explications sur les origines des noms…
11:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Canada, Kanata, Stacaconé, Tadoussac, Cartier, Saguenay




















